- COMMUNIQUE DE PRESSE –
COMMUNIQUE DE PRESSE -
Une
étude pan-européenne publiée dans l’European Heart Journal révèle la
méconnaissance de l’insuffisance cardiaque
Paris, le 8
septembre 2005 – L’European Heart Journal1 vient
de publier les résultats alarmants d’une étude pan-européenne menée auprès de 8
000 personnes sélectionnées au hasard dans 9 pays d’Europe2 et qui
révèle la méconnaissance du grand public au sujet de l’insuffisance cardiaque.
En effet, selon les résultats de l’étude SHAPE3
(Study of Heart Failure Awareness and Perception in Europe), bien que près de
90% des personnes interrogées aient déclaré avoir entendu parler de
l’insuffisance cardiaque (IC), seulement 3 % d’entre elles ont été
capables d’identifier cette maladie à partir de la description des symptômes
typiques4, et ce, alors que 6 % des participants avaient
indiqué qu’un membre de leur famille souffrait d’IC.
Le degré de connaissance de l’IC est apparu comme étant
très médiocre comparativement à l’accident ischémique transitoire (AIT ou mini
accident vasculaire cérébral) – que la moitié des personnes interrogées ont été
capables d’identifier à partir d’une liste de symptômes –, ou l’angor, que
presque un tiers des participants a correctement identifié.
« La faible
connaissance de l’IC révélée par cette enquête est choquante et met des vies en
danger. Elle a de sérieuses conséquences aussi bien pour les individus, qu’en
termes de santé publique dans toute l’Europe. Si le grand public n’a pas
conscience de la gravité et de la fréquence de l’IC, les malades ne seront pas
enclins à prendre un avis médical précoce, ni à exiger de leur médecin de
bénéficier d’une prise en charge appropriée » a déclaré le Pr Faiez
Zannad, co-auteur de l’étude et Professeur de Cardiologie au C.H.U. de Nancy.
L’équipe internationale qui a réalisé l’étude SHAPE s’est
engagée dans une seconde phase du projet, visant à sensibiliser le public et
les médecins traitants afin que l’IC bénéficie d’une meilleure prise en charge.
La première phase de l’enquête a inclus 7 958 personnes âgées de 25 à 45
ans et de 65 à 85 ans, issues de 48 000 foyers choisis au hasard dans les
neuf pays. Les participants ont répondu aux 32 questions d’un questionnaire qui
avait été préalablement testé au cours de deux études pilotes menées dans
quatre pays.
Il s’agit de la première étude jamais menée pour évaluer
la connaissance de l’IC au sein du grand public en Europe.
Les résultats ont non seulement montré que la plupart des
participants avaient été incapables d’identifier les signes de l’IC, mais aussi
que la perception qu’ils avaient de la maladie était gravement erronée :
·
Plus de la moitié des participants
estimait que la prévalence du cancer était supérieure à celle de l’IC, alors
que le nombre d’hospitalisations pour IC est supérieur au nombre
d’hospitalisations pour les
cancers les plus fréquents ;
Les deux tiers des personnes interrogées pensaient que les patient
atteints d’IC vivaient plus longtemps que ceux souffrant d’un cancer ou d’une
infection à VIH. Cette perception est erronnée puisque 40 % des patients
insuffisants cardiaques décèdent dans l’année qui suit leur première
hospitalisation. Le taux de survie à 5 ans est plus faible pour l’IC que pour
nombre de cancers les plus fréquents ; par ailleurs, le délai moyen écoulé
entre le diagnostic d’infection à VIH et le développement d’un SIDA est
aujourd’hui largement supérieur à dix ans.
·
Interrogés sur ce qu’ils pensaient de
la sévérité d’une maladie caractérisée par un essoufflement, une fatigue ou un
gonflement des chevilles, seulement 29 % des participants ont estimé qu’il
s’agissait de symptômes sévères, ce qui constitue une grave erreur, car cette
méconnaissance peut contribuer à retarder le diagnostic de l’IC.
·
Un tiers des participants considérait
que l’insuffisance cardiaque était une conséquence normale du vieillissement,
ce qui est faux : l’IC a de multiples causes, mais le vieillissement, en
lui-même, ne constitue pas l’une d’elles.
·
Près du tiers des personnes
interrogées pensait que les médicaments modernes étaient incapables de prévenir
le développement d’une IC, bien que les réponses aient considérablement varié
selon les pays. En réalité, les médicaments modernes tels que les inhibiteurs
de l’enzyme de conversion et les bêta-bloquants peuvent être très efficaces,
mais sont insuffisamment prescrits.
·
Plus de 60 % des Européens
interrogés (71% des Français) pensaient qu’une personne chez laquelle une IC
avait été diagnostiquée devait mener une vie calme en réduisant son activité
physique.
En réalité, la pratique régulière d’une activité physique telle que la marche
est bénéfique chez les patients atteints d’IC légère à modérée.
Lorsqu’on leur a soumis une liste de maladies, seulement 9 % des
participants ont désigné l’IC comme étant l’affection entraînant les dépenses
de santé les plus élevées ; 40 % pensaient que cela s’appliquait au
cancer et 27 % à l’infection à VIH. Au niveau européen, la prise en charge
de l’IC absorbe de 2 à 2,5 % du budget consacré à la santé aujourd’hui,
70 % des dépenses étant liées aux hospitalisations.
« Ces résultats sont assez déprimants, »
a estimé le Pr W.J. Remme, Coordonnateur de SHAPE. « La méconnaissance des symptômes de la maladie et de ce qu’il est
possible de faire pour la prévenir et la traiter peut causer inutilement une
altération de la qualité de vie chez des dizaines de milliers de patients ainsi
que de milliers de décès prématurés, au-delà de l’important fardeau que cela
représente pour les systèmes de santé. »
« Nous appelons les gouvernements et les professionnels de santé à
soutenir notre programme d’éducation et à contribuer à améliorer la
connaissance des signes de l’insuffisance cardiaque afin d’encourager les
malades à consulter leur médecin à temps. Nous disposons aujourd’hui
d’importants moyens, grâce aux médicaments modernes, aux dispositifs médicaux
et aux modifications du mode de vie, qui permettent de prévenir la maladie,
d’améliorer la qualité de vie des patients atteints d’IC et de diminuer le
recours à des hospitalisations coûteuses. »
L’équipe de SHAPE entend mettre en
œuvre, au niveau européen, une campagne de
sensibilisation et d’éducation en vue d’améliorer la prise en charge de l’IC.
Cette campagne s’adressera non seulement au grand public, mais aussi aux
médecins généralistes, car les résultats d’une étude menée en parallèle ont
montré que ces derniers n’ont pas une connaissance de l’IC aussi parfaite
qu’ils le devraient. SHAPE a l’intention d’évaluer les résultats de cette
campagne environ deux ans après son lancement.
Pour de plus amples informations sur SHAPE et sur
l’insuffisance cardiaque, consulter le site Internet de SHAPE : www.insuffisancecardiaque-europe.com
1 Public awareness of heart failure in Europe:
first results from SHAPE. European Heart Journal. doi : 1093/eurheartj/ehi447.
2 Pays
participants : Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne,
Roumanie, Royaume-Uni, Suède.
3 SHAPE (Study group on Heart failure Awareness and Perception
in Europe – Groupe d’étude sur la
sensibilisation à l’insuffisance cardiaque et sa perception en Europe) a été
créé en 2002 par un groupe indépendant de médecins spécialistes.
SHAPE a pour vocation d’améliorer la
compréhension de l'insuffisance cardiaque au sein du public et la qualité des
soins prodigués par les professionnels de santé en Europe. SHAPE a mis en place
un programme d’éducation sur l’IC et mène également des actions de lobbying
auprès des gouvernements et des professionnels de santé en Europe pour que
davantage de ressources soient consacrées à l’amélioration de la prise en
charge des patients insuffisants cardiaques.
4 Symptômes
de l’IC : essoufflement, fatigue, œdème des chevilles. On estime que 14
millions d’Européens souffrent d’IC et que le risque de développement de
l’affection au cours de la vie est de 1 sur 5.
L‘European Heart Journal est l’organe officiel de la Société
Européenne de Cardiologie. Vous êtes prié de citer cette
revue comme source dans tout article. La publication est disponible sur
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